Il était tôt ce dimanche, lorsque Sophia se décida enfin à se lever, se passant une main dans ses longs cheveux noirs, encore à moitié endormie. Rien n'indiquait pour l'instant que cette journée allait être un tournant dans sa vie. Au point où elle en était, elle ne se doutait peu que tout puisse basculer, et encore moins devenir comme elle l'entendait. Bien sûr elle réussissait sa vie, mais plus qu'elle ne l'avait souhaité, en réalité et même sa mère commençait à se mêler de son parcours de star, ce qui avait don de l'agacer particulièrement. Elle descendit lentement les escaliers de sa résidence et passa devant la cuisine sans s'y arrêter. Elle avait autre chose en tête que de se préoccuper de son petit déjeuner, surtout quand il était aussi tôt. 6 heures et demie affichait l'horloge pendue au dessus de la grande porte de bois luxueux qui donnait sur le parc. A la voir réfléchir ainsi, ses proches auraient dits qu'elle pensait au texte de sa nouvelle chanson ; « le fond de mes yeux », mais ce n'était pas du tout à ça qu'elle songeait, et ils n'avaient pas non plus compris que les paroles qu'elle écrivait racontaient son histoire. Non, à présent son esprit s'était enfui dans les courbes des nuages, dans le bruit des feuilles d'arbres, bougeant au grès du vent. Elle s'était toujours comparée à l'une d'elles, une simple feuille qui obéirait aux rumeurs, n'étant autre que le vent. Car c'était lui qui décidait ce qu'elles adviendraient toutes, les arrachant à leur racine ; cet arbre qui était une grande famille, celle des Hommes, qui naissaient et renaissaient, dans un cycle infini qui effaçait les êtres mais n'oubliait jamais leur nom. A présent son regard était fixé sur la rue à l'autre bout de son coquet jardin où Iris, roses et autres fleurs venaient parfumer la fraîcheur de ce frais matin de printemps. Pourtant venait s'ajouter un sentiment d'été prochain, rien que par ce soleil resplendissant, ces oiseaux gazouillant gaiement et ce calme volé à l'hiver qui s'était annoncé tempétueux. En face était une ruelle, fine, peu dérangeante, qui laissait passé de temps à autres des visiteurs opportuns. Aujourd'hui, elle était encombrée par un homme, un abandonné qui attendait... [C]Attendait que le temps passe et finisse par l'emporter. De loin elle ne pouvait l'identifier, ni déterminer son âge, mais à travers cette silhouette négligé, elle avait ressenti en lui une grande noblesse d'esprit, une force qui semblait avoir été ôté à tout autre de la société. Peut-être était-ce ceci qui rendait les sans-abri si fier et sûr d'eux, mais cela n'en faisait pas des charmes. Elle fut arrachée de sa contemplation par une main posée sur son épaule et une voix douce, séductrice. Mais elle n'était pas amoureuse de Gianni et il le savait pertinemment dès le premier jour où tous deux s'étaient rencontrés. Il la convainquait encore qu'elle n'était qu'une amie mais elle savait aussi qu'il se persuadait qu'elle l'aimerait un jour. On ne peut dire si elle était vraiment froide avec lui, mais on pouvait toutefois être sûr qu'elle tenait ses distances, ce qui n'arrêtait pas ses sourires et ses sentiments à demie cachés. Cette obstination l'agaçait presque tout autant que les ambitions de sa mère, mais elle n'agissait pas vraiment ce qui était peut-être l'un de ses défauts ; ce peu de réactions entraînait le désarroi, l'incompréhension, d'autant plus qu'elle ne se donnait pas ainsi au public, au contraire, elle se montrait vive, responsable, les pieds sur terre. Mais ce n'était qu'un masque. Sophia Bush rêvait d'un vrai amour, d'une vraie vie, loin de l'indifférence et des ragots, des images qu'on donnait aux gens d'une personne seulement par un article dans un mensuel people.[A] Oui, c'eut été son grand rêve, cette vie aisé, ces garçons courants les trottoirs, ces déplacements à peine plus chers qu'un morceau de pain pour des gens normaux. Mais elle n'en était pas une, de personne commune : elle était riche et avait des admirateurs. Mais qu'en advenait-il des autres ? Pensait-on à eux ? Elle tourna ses yeux bleus océan vers son ami, même si une part d'elle s'évadait toujours ici, chaque matin, la privant peu à peu de sa liberté, l'envoûtant lentement... La tirant vers un autre chemin. Et c'est avec regret qu'elle le suivit à l'intérieur...
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sur Sophia ou même l'incOnnu ? La suite dans 10 cOm's
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